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ECONOMIE
> Le Marché du Vin
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Lorsqu'on parcourt le Pays Beaujolais,
le vignoble apparaît comme une région prospère, belles
maisons de pierre anciennes, qui avec leurs dépendances sont le
cœur de l'exploitation, vastes villas campées sur les pentes des
coteaux, toutes bien entretenues et débordant, à la belle
saison de fleurs éclatantes. Et c'est vrai qu'en Beaujolais, on
vit plutôt bien. Cependant, tout n'est pas toujours idyllique, l'économie
beaujolaise peut être perturbée par des facteurs de diverses
natures. Aléas climatiques, qui chaque jour peuvent remettre en
cause la récolte, fluctuations du marché qui entraînent
des conséquences irréparables pour certains.
Le gel de printemps peut, en une nuit, anéantir ou du moins amenuiser
de façon importante les espoirs de récolte. L'été,
le risque qu'un orage de grêle éclate est permanent, et entraîne
la perte totale de la récolte sur certains secteurs, ce qui arrive
régulièrement chaque année, ici ou là, laissant
des lésions qui, parfois, pénalisent les récoltes
à venir ; tant que la vendange n'est pas rentrée on ne peut
être sûr de rien. Des assurances permettent de pallier les
pertes occasionnées par ces aléas climatiques, mais l'exploitant
doit continuer à travailler sa vigne pour la maintenir en bon état
sanitaire, même si il n'y a aucun espoir de récolte ; et s'il
pratique la vente directe, il court le risque de perdre une partie de sa
clientèle.
Le marché non plus n'est jamais sûr, il subit régulièrement
le phénomène du balancier. Il arrive, sans que cela
s'explique vraiment, que les cours flambent, ils augmentent sur deux
ou trois années, pour atteindre des plafonds insoutenables,
et puis, c'est la chute vertigineuse. Il leur faut plusieurs années
pour se stabiliser et reprendre une évolution raisonnable.
Pendant ce temps, les stocks suivent une courbe décalée,
en baisse notable avant l'ascension des prix, ils gonflent de façon
inquiétante et entraînent la chute des prix. Malheur
alors au vigneron qui, se basant sur des années fastes a programmé
un investissement lourd, ou au négociant qui ayant acheté
à la hausse se voit contraint, pour libérer ses chais,
de réviser ses tarifs à la baisse.
Parce que les vins du beaujolais sont commercialisés rapidement
et qu'il n'y a pas de stocks importants servant de tampon, le vignoble
est particulièrement sensible à ces fluctuations brutales
qui le fragilisent.
Chaque été, l'Union Interprofessionnelle des Vins du
Beaujolais édite les " Données d'Economie Beaujolaise
" un document très clair et complet. Sous forme de tableaux
de chiffres, de pourcentages et de graphiques très " parlants
", il donne des informations objectives sur la production et les marchés.
Ce fascicule est plein d'enseignements, on découvre par exemple
que la production beaujolaise ne représente qu'environ 0,5
% de la production mondiale. Ce qui n'empêche pas le beaujolais
d'être connu sur la toute la planète.
Cette production ne représente que 2,15 % de la production
nationale tous vins confondus ; et 5,37 % des AOC. Ce dernier pourcentage
accuse une baisse notable depuis 15 ans : il avait approché
9 % en 81-82. On s'aperçoit que depuis 1980, la production
beaujolaise (en année de rendement plein) n'a augmenté
que de 20 %, tandis que l'Alsace, le Bordelais, le Sud-Ouest ont pratiquement
doublé leur production ; la Champagne remporte le palmarès
de la plus forte augmentation avec 114 %.
La surface en production augmente modérément : en 15
ans de 1976 à 1991, cette augmentation a été
de 15 % pour les beaujolais. Dans le même temps, celles des
beaujolais villages ne changeaient pas, tandis que celle de l'ensemble
des crus progressait de 23 %. Il faut tenir compte de la reconnaissance
de l'AOC régnié, qui, en 1988, a " dégarni "
les beaujolais villages, pour accroître la superficie de l'ensemble
des crus. Le total des surfaces beaujolais villages et crus a augmenté
d'à peine plus de 10 %. Beaucoup de sagesse pour ce vignoble
beaujolais. Depuis 1991, la surface totale a évolué
de 3,5%. |
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